FSU Bourgogne

Déclaration de la FSU Bourgogne au CAEN

lundi 22 novembre 2010 par webmestre

Nous voudrions d’abord revenir sur ce qui a marqué cette rentrée, la mobilisation contre le projet de réforme des retraites. Même si la loi a été votée, promulguée, la réalité sociale demeure. Et pour ce qui nous concerne, la loi pénalise particulièrement les agents de la Fonction Publique. Elle reste inacceptable ; la FSU demande son abrogation, l’ouverture d’un grand débat public et de réelles négociations pour d’autres mesures nécessaires à la sauvegarde et au développement des retraites par répartition et du code des pensions. 

Mais dans le domaine de compétences de ce CAEN, cette rentrée a été marquée par les suppressions de postes dont les conséquences sont visibles par tous, élèves, parents, enseignants :
baisse de la scolarisation des enfants de 2 ans 
effectifs chargés dans les classes du primaire comme du secondaire, moindre possibilité de prendre en charge les élèves en difficulté 
difficultés de remplacement 
problèmes de fonctionnement dans tous les services administratifs, rectorats et inspections académiques, DRAAF.
Sans compter les conséquences des restrictions budgétaires qui suppriment formation initiale et continue, limitent les frais de déplacement et réduisent les crédits d’action sociale.
Cette rentrée a été marquée aussi par le manque d’ambition éducative, la politique du mérite et des talents. Les inégalités sont confortées alors qu’il faudrait travailler à les réduire. La FSU est attachée à garantir l’accès de tous à l’éducation et assurer la cohésion sociale. Cela passe par des fonds de péréquation, par le recours aux dispositifs d’aide dans le temps scolaire, par une carte scolaire repensée et plus équilibrée, par une politique plus globale d’aménagement du territoire, par une véritable formation des enseignants.
Dernièrement c’est le rapport annuel de la Défenseure des enfants qui affirme que la précarité « affecte tous les domaines de la vie de l’enfant et porte atteinte à ses droits fondamentaux ». Les enfants, ainsi pris « dans une sorte de déterminisme social » quittent le système éducatif plus tôt que les autres, pris en charge par des enseignants insuffisamment formés.
Nous aimerions que ce CAEN dispose aussi de données sociologiques permettant d’analyser l’évolution de la démocratisation du système éducatif bourguignon.
La politique actuelle est guidée par le dogme de la suppression d’un poste de fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Or, les ambitions et les objectifs du système éducatif ne peuvent pas être atteints dans ce cadre contraint. D’ailleurs un rapport de l’Inspection Générale montre que l’avenir du système éducatif est en danger. Il s’alarme de « la baisse des moyens consacrés au remplacement », d’ « un recours accru à des personnels non titulaires et des difficultés probables pour assurer le remplacement des professeurs absents. Il dénonce un « choix (celui de la baisse des moyens consacrés aux remplacements) qui « va dégrader la situation du remplacement, alors que la situation est déjà difficile » Il précise encore que : « La réforme du recrutement des enseignants (...) se heurte à une insuffisance manifeste de moyens pour financer la formation des nouveaux stagiaires en plus de celle des titulaires, et rencontre une difficulté à trouver suffisamment de formateurs universitaires et de tuteurs dès la première année. » Il constate également que « plus de 20 000 élèves supplémentaires sont attendus dans le second degré sans qu’aucune création d’emploi ne soit prévue » 

Le Syndicat des Inspecteurs d’Académie constate à son tour « ... un nombre de suppressions de postes tel qu’il nécessite l’appel à des ressources humaines peu qualifiées et non formées et une formation continue réduite à peau de chagrin » et se demande « Où est la cohérence dans tout cela ? » Il ajoute que : « Le malaise est profond car la préoccupation de notre ministère n’est plus la pédagogie, la didactique des disciplines… »
Avant cela la Cour des Comptes avait rendu un rapport rappelant que la part du PIB consacré à l’éducation a baissé de 4,5% en 1995 à 3,9 % en 2006 et que les crédits en faveur de l’école primaire sont actuellement inférieurs de 5 à 15% aux budgets accordés à ce niveau par des pays comparables. De même elle relève que la différence d’investissement entre les établissements relevant de l’éducation prioritaire et les autres est minime et démontre l’absence de visibilité du coût des politiques de lutte contre l’échec scolaire dans ce secteur.
Et nous sommes inquiets de l’avenir de l’Education Prioritaire.
A la rentrée, il y a aussi la situation des stagiaires qui est insupportable. Il est inacceptable de placer de jeunes collègues en situation, à la fois, d’exercer leur métier comme un collègue chevronné, d’assurer leur propre formation, d’échanger avec leur tuteur (voire courir après le tuteur).
Par ailleurs la revalorisation de tous les personnels reste à faire. Et nous contestons en cela le gel des salaires des fonctionnaires et la hausse des cotisations retraites. L’engagement pris par le Président de la République de revaloriser les personnels n’est pas à ce jour une réalité ; et le pacte de carrière annoncé par le ministre Chatel est un leurre qui renvoie à la notion de contrat contraire au statut de fonctionnaire que la FSU défend car garantissant les principes de neutralité, de laïcité, de proximité, de transparence.
Alors, quid des objectifs de 50% de diplômés au niveau 2 de l’enseignement supérieur et de 80% d’une classe d’âge au niveau du bac ? Que dire de l’apprentissage hors statut scolaire ?
Nous restons pour notre part résolument attaché à ces objectifs et à la réussite de tous les jeunes. Cela passe par une réelle ambition éducative pour tous de la maternelle au lycée, sans oublier le collège. D’autres réformes que celles actuelles du lycée et celles de la voie professionnelle doivent être mises en œuvre. D’autres dispositions pour tout le système éducatif s’imposent. Or les annonces du budget 2011 ne peuvent que nous inquiéter davantage.

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