FSU Bourgogne

Déclaration de la FSU au CAEN du 20 janvier 2011

jeudi 20 janvier 2011 par webmestre

Depuis plusieurs années, le gouvernement ne cesse de rogner sur les missions de l’école, dégradant continuellement la scolarisation en maternelle, le remplacement, l’aide aux élèves en difficulté, les conditions de travail et de rémunérations des personnels ou encore la formation initiale et continue.
Pour la rentrée 2011 ce sont encore 16000 postes en moins dans l’Education Nationale.
Cette politique aveugle s’inscrit dans une logique purement comptable qui n’est pas prête de relever le défi éducatif auquel nous sommes confrontés. Le système éducatif français est en effet l’un des plus inégalitaire selon la dernière enquête PISA. L’opinion publique l’a bien compris. Selon un sondage BVA paru le 16 décembre, un français sur deux est prêt à voir ses impôts augmenter pour améliorer la qualité du service public.
En Bourgogne ce sont 335 suppressions nettes que Mme le recteur et les inspecteurs d’académie de notre région devraient effectuer.
Dans le premier degré ils s’appuient sur une baisse des effectifs qui est pour nous principalement le fait de la baisse de la scolarisation à deux ans. Scolarisation qui , quand elle n’est pas purement refusée, est découragée par les conditions d’accueil et d’encadrement qui sont proposées et qui sont loin de répondre aux besoins spécifiques des élèves de deux ans.
Le projet présenté par Mme le recteur aujourd’hui est pour nous, purement inacceptable. Il entérine de nouvelles suppressions de postes de RASED (ne nous leurrons pas sur le terme de sédentarisation). Il revendique l’augmentation des effectifs par classe (30 à 32 élèves par classe ne serait plus un problème). Il confirme la casse du système de remplacement (avec les surnombres la situation est déjà catastrophique). Il entérine des conditions de scolarisation des élèves handicapés inadaptées (recrutement d’AVS insuffisants, suppression de classes d’inclusion scolaire, augmentation des effectifs des classes) et arrête des dispositifs qui permettaient de travailler autrement pour répondre à des objectifs particuliers....
Dans les collèges le nombre d’heures supplémentaires va encore augmenter et la dotation horaire par élève baisser. En lycée, c’est la réforme en Première avec la baisse des horaires en atelier et la mise en place des troncs communs dans les disciplines générales qui alourdira les effectifs !. La chasse aux heures est ouverte (heures de chorale, heures de Première Chaire, heures à effectif réduit, enseignement optionnel etc.). Et cela tant à l’éducation nationale qu’à l’agriculture.
A ce sujet nous avons pu lire dans la presse régionale les propos de Mme le Recteur qui avance que « en réalité, ils (les élèves de lycées) ne sont jamais en divisions entières ». Suit une annonce de moyenne de 23 par classe.
Pouvez-vous nous dire Mme le recteur : comment en êtes-vous arrivée à ignorer si gravement notre quotidien ? Comment arrivez-vous à ce chiffre de 23 qui ne peut selon nous provenir d’un calcul mais plutôt d’une utopie qui nous semble si loin de la réalité ?
Ce sont bien les lycées qui sont les établissements qui subiront le plus durement les suppressions de postes. Et pourtant, N. Sarkozy avait dit il y a exactement 2 ans à St Lô en adressant ses vœux aux enseignants : "Aucun tabou si ce n’est, je l’annonce, que l’on fera cette réforme (du lycée) sans enlever un centime et sans supprimer un poste au niveau du lycée !!!
Dernier point sur lequel nous voulons attirer votre attention, la réforme de la voie technologique. Cette voie a permis une véritable démocratisation de l’enseignement en permettant à des élèves d’accéder à des études supérieures. Oui il fallait une réforme mais pas celle-là qui, par son opacité, par des enseignements plus généraliste, moins pratiques va détourner des élèves de cette filière.
En conclusion,
Qui peut croire qu’on fera mieux avec moins ? Quand l’école primaire reste
sous dotée en France, quand la formation est sacrifiée, quand les salaires des enseignants demeurent inférieurs à ceux de pays comparables, quand l’enseignement privé est scandaleusement et anticonstitutionnellement favorisé.
La crise économique est toujours avancée pour justifier des politiques de régression sociale et d’austérité.
Mais on peut croire à d’autres choix et ne pas attendre pour exiger d’infléchir - voire d’enrayer - des réformes injustes !
C’est pourquoi nous ferons du 22 janvier un rendez-vous qui marque la nécessité d’autres choix budgétaires et nous sommes déterminés à prendre nos responsabilités et appelleront rapidement nos collègues à la grève .

RSS fr | Contact | Plan du site | Espace privé | Spip + Alternatives