FSU Bourgogne

Déclaration de la FSU au CAEN du 28 novembre

jeudi 1er décembre 2011 par webmestre

Après deux années de plans d’austérité à répétition, qui n’ont fait qu’aggraver la situation, aucune solution n’est apportée à la crise provoquée par le capitalisme financier et la spéculation internationale. Le nouveau plan d’économies reste fondé sur les mêmes principes que les précédents : faire payer les plus nombreux et les moins nantis, économiser sur les dépenses sociales, éducatives et de santé.
Le non remplacement d’un départ en retraite sur deux reste la règle conduisant à des milliers de suppressions d’emplois, à des externalisations. Et l’austérité continue d’être présentée et imposée comme le seul remède qui, telle la saignée, pourrait bien tuer le malade qu’elle est censée guérir.
Il est urgent de changer radicalement d’orientation en réglementant la finance, en ayant des politiques de soutien aptes à relancer l’activité économique, une fiscalité juste et progressive, de reconstruire l’Europe sur des bases démocratiques, de donner la parole aux peuples et d’arrêter la mise sous tutelle des États.
C’est pourquoi la FSU se retrouve entièrement dans l’action intersyndicale du 13 décembre prochain.

Le bilan de la rentrée montre que cette austérité appliquée à l’éducation produit déjà des effets désastreux.

Dans le premier degré, on constate une baisse très forte de la scolarisation des 2 ans qui est due à des suppressions de postes et non pas à une baisse démographique. L’enseignement privé peut se réjouir en acceptant de scolariser des enfants dès 18 mois. En utilisant la maternelle comme "produit d’appel", son effectif ne fera que grandir au détriment de l’école publique !
Les classes sont de plus en plus chargées, les RASED sont en voie de disparition, les Emplois Vie Scolaire pour apporter une aide aux directeurs d’écoles sont supprimés et ceux pour aider les élèves en situation de handicap ne sont que partiellement renouvelés !! L’enseignant se retrouve seul. Il est sa propre et unique ressource. Il ne peut compter ni sur la formation continue réduite comme une peau de chagrin, ni sur la formation initiale qui est quasi inexistante.

En collège, les discours sur l’école du socle, l’expérimentation de l’évaluation en fin de 5ème laissent augurer de la mise en place d’un palier d’orientation précoce. C’est donc l’école à deux vitesses qui est en marche. Le livret personnel de compétences est un instrument de cette politique. Comme la FCPE, la FSU appelle à son abandon. La hausse des effectifs à cette rentrée en collège n’a pas été compensée totalement par des créations de postes, le H/E a baissé de 0,8%.

La rentrée 2011 en lycée a démontré la nocivité de la réforme.
La voie générale perd toute lisibilité et s’appauvrit : les mathématiques disparaissent en L, l’enseignement de l’histoire devient facultatif en Terminales S et les enseignements de spécialité ne sont pas renforcés. Le renvoi au local des choix de dédoublement, l’instauration du tronc commun, la mise en concurrence des établissements amplifient de fait le brouillage. C’est encore la filière S qui progresse alors que le ministre avait annoncé un rééquilibrage des bacs généraux !
Quant à la voie technologique, le constat est terrible : 7 % d’élèves en moins à cette rentrée en STI2D alors que l’objectif annoncé était de + 35 %.
Le bienfondé de cette réforme doit être sérieusement interrogé quant à ses effets sur le plan de la maîtrise technologique, de l’innovation et de l’emploi. Il nous parait gravement dommageable vis-à-vis de l’avenir des sciences et de la technologie de poursuivre cette réforme en l’état.

Par contre, d’un point de vue comptable, voilà une réforme qui a entièrement atteint son but : elle a permis d’amputer les moyens horaires des lycées de 5% ; 128 postes en moins pour 100 élèves de plus !

La rénovation de la voie professionnelle a provoqué une baisse du nombre de classes à l’entrée de la filière, donc des effectifs élèves, au bénéfice de l’apprentissage qui en gagne, aidé en cela par les Contrats d’Objectifs et de Moyens (COM) signés par le conseil régional avec le ministère de l’apprentissage. La fin du double flux en bac pro (bourrelet) va encore diminuer ces effectifs à la rentrée 2012. Sous couvert d’égalité avec les filières technologiques et générales, les jeunes orientés vers la voie professionnelle n’ont maintenant plus que trois ans au lieu de quatre (BEP + Bac 2 ans) pour résoudre des difficultés scolaires souvent anciennes, apprendre un métier, et réussir au BAC. De plus, le nouveau BAC Pro est obtenu à ce jour avec la quasi-totalité des épreuves passées en CCF (et prochainement à 100 %), dans une logique purement comptable : un CCF s’avérant beaucoup plus économique à organiser qu’une épreuve ponctuelle, car reposant sur le travail des équipes pédagogiques en interne : cela remet totalement en question la notion de diplôme national, et questionne sur l’égalité entre les candidats, les territoires ou encore les établissements, ce que la FSU dénonce.

La FSU est opposée à la mise en place du « service public de l’orientation tout au long de la vie » qui oblige les CIO à demander une labellisation. Ce dispositif cache la réelle volonté du gouvernement de détourner les COP de leur travail de base en direction des élèves et des étudiants.

Pour tous les personnels, la pression par les heures supplémentaires, la multiplication des services partagés entre plusieurs établissements, la volonté de contourner les statuts, l’augmentation de la charge de travail (réunions, effectifs…), la surcharge d’injonctions contradictoires couplées à la prétendue autonomie des établissements, la pauvreté de la formation initiale et continue des personnels conduisent à la dénaturation de nos métiers.

Quant au projet instaurant de nouvelles modalités d’évaluation des enseignants, nous y sommes totalement opposés.
Le chef d’établissement ne peut évaluer seul les compétences pédagogiques et disciplinaires de tout enseignant, n’ayant pas lui-même des compétences dans tous les domaines requis pour mener à bien cette évaluation.
Nous rejetons ce rapprochement de l’évaluation des fonctionnaires avec celle menée dans les entreprises. Comme il est dit dans la note de janvier 2011 du Centre d’Analyse Stratégique, ce type d’évaluation a montré ses conséquences néfastes tant pour les personnels que pour la performance à long terme des entreprises et est de plus en plus souvent abandonné au sein même des structures concurrentielles.
Cette réforme est un encouragement à l’individualisme au moment où l’École a besoin de travail collectif pour assurer l’avenir de nos élèves. C’est pourquoi la FSU appelle les personnels de l’éducation nationale et de l’enseignement agricole public, à être massivement en grève le 15 décembre prochain pour exiger le retrait des projets de texte sur l’évaluation.

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