FSU Bourgogne

Déclaration liminaire de la FSU au CAEN du 26 janvier 2009

mardi 27 janvier 2009

A l’université, à l’école, dans les services de soins et de travail social, dans les milieux de la justice, de la culture la souffrance sociale ne cesse de croître.
Les « réformes », les réformes annoncées, imposées à marche forcée sans concertation ont des conséquences sociales désastreuses et sont source de mobilisations dans ces secteurs.
Cela a pu mettre en difficulté le gouvernement voire l’obliger à des reculs partiels. Dans l’éducation, la convergence des mobilisations des personnels, des parents et des jeunes a permis d’obtenir :
- l’annonce concernant les postes RASED (même si elle reste inacceptable car n’assurant pas la pérennité du dispositif), le changement de discours sur la maternelle, le report de l’examen de la proposition de loi sur les EPEP.
- le report de la réforme des lycées avec l’affirmation qu’elle se ferait sans suppression de postes.

Mais l’ensemble des suppressions d’emplois prévues est maintenu avec des conséquences importantes sur les postes mis au concours ; sont poursuivies les orientations d’une politique scolaire qui menace le service public et qui va à l’inverse de ce qui serait nécessaire pour lutter efficacement contre l’échec et les inégalités avec notamment le maintien de la réforme de la voie professionnelle.
Les suppressions massives d’emplois dans les administrations centrales du MEN, du MESR et du MAP, cumulées avec celles des années précédentes vont conduire à la disparition pure et simple de services entiers et de leurs missions comme cela se passe dans tous les services dépendants de l’état dans le cadre de la RGPP.

Dernier avatar de cette démarche l’annonce par le ministre de la création de 5.000 emplois de « médiateurs de la réussite scolaire » chargés, en liaison avec les familles, de traiter l’absentéisme scolaire dans les établissements. Cette annonce est la reconnaissance de la nécessité d’augmenter le nombre d’adultes dans les établissements pour assurer l’encadrement des élèves et en particulier le suivi des absences en liaison avec les familles, ce que la FSU réclame depuis de nombreuses années.
Le choix du ministre de faire appel à des emplois aidés est inacceptable :
- la mission qui leur serait confiée est actuellement assurée par les CPE (Conseillers principaux d’Éducation) et par les assistantes sociales, c’est-à-dire des personnels qualifiés et formés alors que les personnels précaires ne bénéficieraient d’aucune formation ;
- alors qu’un nombre d’EVS en fin de contrat va se retrouver fin juin sans aucune perspective, il est fait appel une nouvelle fois à des personnels précaires sans réel dispositif d’aide à l’insertion.
Ainsi, pour des raisons manifestes d’économie, cette politique défait et recompose nos métiers et nos mission en exposant toujours plus les professionnels et les usagers aux lois dites naturelles du marché.

Pour notre part concernant l’école nous récusons la vision des plus hauts responsables de l’état qui consiste à affirmer que « depuis 40 ans la crise s’aggrave ».
Les enjeux à venir méritent autre chose que ces raccourcis. La FSU est partie prenante de réflexions et de débats qui devraient asseoir des changements s’ils s’avèrent utiles pour les jeunes de ce pays.
L’École, parce qu’elle est le lieu où une société construit son avenir, mérite bien autre chose que des réformes brutales faites à la va-vite et sans concertation.
Si l’École est un lieu de transmission de savoirs, il est certainement nécessaire de s’interroger sur les savoirs qu’elle transmet.
Qu’ils doivent être utiles, personne n’en doute mais cela est tout autre chose que de vouloir les réduire à un usage immédiatement utilitaire. Des pans entiers de la connaissance, qu’ils soient littéraires, artistiques, scientifiques ou historiques ne peuvent être dissous dans « l’esprit d’entreprise ».
On peut vouloir une École dont le but unique serait d’orienter les élèves dans le monde du travail et où les savoirs, les programmes et les savoir-faire seraient dictés par les seuls impératifs économiques. Nous voulons pourtant rêver de construire autre chose, une École qui mettrait en partage pour tous, l’intégralité des savoirs humains.
Là est le débat de fond : soit une École du socle utilitaire de connaissances, soit une École de la culture commune, qui seule permet de construire une société.
Les enseignants que nous sommes, quelles que soient leurs spécialités, savent au moins une chose : s’il est indispensable de centrer l’enseignement sur des disciplines précises, il n’y a pourtant de savoir que global.

Ce CAEN se tient à trois jours d’une action interprofessionnelle unitaire le 29 janvier. Les responsables de ce pays à tous les niveaux ne peuvent en sous-estimer le caractère exceptionnel. A cette occasion nous mettrons en avant des solutions à la crise autres que les plans de relance à répétition, l’investissement dans l’éducation et la recherche étant l’une des plus urgentes.

RSS fr | Contact | Plan du site | Espace privé | Spip + Alternatives