FSU Bourgogne

Déclaration préalable de la FSU au CTPA du 30 janvier 2009

dimanche 1er février 2009 par Ginette Bret

Madame le Recteur,

Vous l’avez sans doute remarqué, la journée d’hier a été une formidable journée d’instruction civique pour tous les Français. Les personnels de l’Education, du premier, du second degré ou du supérieur, enseignants ainsi que les personnels d’administration, de service, ont été parmi les plus mobilisés pour cet exercice démocratique salutaire.
En plus de la condamnation des retraits d’emploi ou des réformes à la hussarde, ce qui nous est remonté dans les défilés de manifestants, et dont nous avons le devoir d’être les porte-parole aujourd’hui, c’est la volonté de montrer la dignité de professions qui ont le sentiment que leur métier est foulé au pied par les politiques ministérielles et les déclarations hasardeuses des ministres.
Lorsque Monsieur Darcos explique à France2 que les enseignants ne veulent pas évaluer leurs élèves, ou que ces évaluations de janvier ne concernent que la moitié du programme de CM2, nos collègues des écoles, mais aussi vos inspecteurs, sont montrés du doigt comme s’ils étaient des menteurs.
Lorsque Monsieur Darcos demande des réformes en même temps qu’il supprime des heures de cours, les professeurs, mais aussi les chefs d’établissement se sentent désemparés.
Lorsqu’on fait appel aux retraités ou aux étudiants pour assurer un improbable service minimum impossible ou les remplacements, on foule aux pieds l’idée même de service public.

Depuis des semaines, la Crise est dans tous les esprits. Nous savons tous que l’affolement d’un système, qui érige comme dogme le profit et l’évasion fiscale, va jeter dans la précarité des millions de personnes.
La responsabilité de l’Etat, c’est d’investir dans ce qui tient notre Nation : les Services Publics et l’Education, pour tenter de tendre le plus de filets possibles afin d’éviter les chutes libres.
Aux côtés des familles, chaque jour dans nos établissements, les personnels savent que la précarité ronge les conditions de vie des familles. Les notes de la DEP, qui viennent de sortir malgré la rétention ministérielle, montrent que les élèves des familles populaires sont les premiers à perdre pied dans l’Ecole, depuis une dizaine d’années.
C’est à cet objectif que vous devez vous atteler : faire réussir les élèves qui ont besoin de l’Ecole.
Cela ne se fera pas en méprisant les personnels, en niant leurs difficultés, en coupant dans leurs formations ou dans les moyens de les accompagner au quotidien.
Cela ne se fera pas en supprimant les moyens des RASED.
Cela ne se fera pas en méprisant les organisations syndicales que les personnels viennent de reconnaître lors des élections de décembre dernier par une augmentation de leur participation au vote, notamment la FSU, comme vous le faites actuellement en démolissant le système de mutation, en faisant tout pour mettre en place un système qui, en ne permettant aucun contrôle paritaire, est fait pour muter les collègues à la tête du client.
Cela ne se fera pas en aggravant les conditions de travail des collègues comme vous voulez le faire pour les TZR.

Notre Académie a des résultats extrêmement préoccupants.
Les évaluations en lecture dans le cadre de la journée d’appel de préparation à la défense de 2007, paru en décembre 2008, concernant le pourcentage de jeunes en difficulté de lecture, sont édifiantes :
sur les 100 départements de notre pays,

- le 21 est 78ème avec 14,4% de jeunes en difficulté de lecture
- le 71 est 90ème avec 16% de jeunes en difficulté de lecture
- le 58 est 93ème avec 17, 4%
- le 89 est 96ème avec 19,6%
ce qui place notre région à la 24ème place sur 25.

Peut-être que les personnels y sont moins compétents qu’ailleurs ? Faut-il les changer et les remplacer par des spécialistes de la médiation sociale ? A moins que le pilotage ne montre ses limites, lorsque l’injonction remplace les accompagnements nécessaires ?
Depuis plusieurs années, la FSU attire l’attention du Recteur et du Ministre sur cette situation préoccupante de notre Académie. Nous sommes prêts à y travailler dans toutes les instances possibles. Dans la rue, ou autour d’une table, dès que le sentiment de mépris ressenti baissera sur le thermomètre du corps social.
Fahrenheit ou Celcius, à votre choix.

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