FSU Bourgogne

Intervention FSU au CTA du mardi 22 novembre 2011

mardi 22 novembre 2011 par webmestre

Après deux années de plans d’austérité à répétition, qui n’ont fait qu’aggraver la situation, aucune solution n’est apportée à la crise provoquée par le capitalisme financier et la spéculation internationale. Le nouveau plan d’économies reste fondé sur les mêmes principes que les précédents : faire payer les plus nombreux et les moins nantis, économiser sur les dépenses sociales, éducatives et de santé.
Le non remplacement d’un départ en retraite sur deux reste la règle conduisant à des milliers de suppressions d’emploi, à des privatisations. Et l’austérité continue d’être présentée et imposée comme le seul remède qui, telle la saignée, pourrait bien tuer le malade qu’elle est sensée guérir.
Il est urgent de changer radicalement d’orientation en réglementant la finance, en ayant des politiques de soutien aptes à relancer l’activité économique, une fiscalité juste et progressive, de reconstruire l’Europe sur des bases démocratiques, de donner la parole aux peuples et d’arrêter la mise sous tutelle des Etats.
C’est pourquoi la FSU se retrouve entièrement dans l’action intersyndicale de début décembre.

Le bilan de la rentrée montre que cette austérité appliquée à l’éducation produit déjà des effets désastreux.
Lorsqu’elle pèse sur la formation de la jeunesse en réduisant l’investissement éducatif, les économies d’aujourd’hui font les faillites de demain, le refus de mettre en œuvre des réformes pour faire réussir tous les élèves provoquera des crises sociales et économiques, l’exclusion.

Dans le premier degré, on constate une baisse très forte de la scolarisation des 2 ans (453 élèves en moins sur un total de 1393 dans l’ensemble de l’école primaire). Ce constat n’est qu’une conséquence désastreuse de la carte scolaire 2011et non une baisse démographique. L’enseignement privé peut se réjouir en acceptant de scolariser des enfants dès 18 mois. En utilisant la maternelle comme "produit d’appel", son effectif ne fera que grandir au détriment de l’école publique !
Les classes sont de plus en plus chargées, les RASED sont en voie de disparition (Suppressions de postes, sédentarisation et absence d’offre de formation), les EVS à mission administrative sont congédiés et ceux occupant une mission auprès des élèves en situation de handicap pas systématiquement renouvelés !! Les collègues se retrouvent donc seuls face aux difficultés liées à l’intégration des élèves en situation de handicap, à la prise en charge de la difficulté scolaire installée, à la mise en place des PPRE…. En d’autres termes, l’enseignant est seul. Il est sa propre et unique ressource. Il ne peut ni compter sur la formation continue réduite à peau de chagrin ni sur la formation initiale qui est quasi inexistante. Tout cela fait que notre mission d’enseignant, à savoir faire réussir tous les élèves, conduire les enfants à devenir des citoyens responsables est dénaturée car empêchée par les directives gouvernementales.

En collège, les discours sur l’école du socle, l’expérimentation de l’évaluation en fin de 5ème laissant augurer de la mise en place d’un palier d’orientation précoce, les aides personnalisées, le préapprentissage, etc. les ECLAIR préparent une école à deux vitesses, avec une baisse des moyens en postes. Le livret personnel de compétences est un instrument de cette politique. La FSU avec la FCPE appelle à son abandon. La hausse des effectifs à cette rentrée en collège n’a pas été compensée totalement par des créations de postes, le H/E a baissé de 0,8%.

La rentrée 2011 en lycée a démontré la nocivité de la réforme.
La voie générale perd toute lisibilité et s’appauvrit (disparition des mathématiques en L, un enseignement facultatif d’histoire-géographie en Terminales S, sans aucun renforcement des enseignements de spécialités). Le renvoi au local des choix de dédoublement, l’instauration du tronc commun, la mise en concurrence des établissements amplifient de fait le brouillage, tout en mettant un terme à l’égalité de nos élèves devant l’Ecole. La réforme qui devait rééquilibrer les 3 filières générales montre pour cette 1ère année, au contraire, que rien ne change et que c’est encore la filière S qui progresse.
La rénovation de la voie technologique était faite parait-il pour la redynamiser. Le constat est terrible : 7 % d’élèves en moins à cette rentrée en STI2D. Cette voie devient donc encore plus fragilisée – jusqu’à bientôt disparaître ? - torpillant ainsi les chances de formation d’un grand nombre de nos élèves.
Le bienfondé de cette réforme doit être sérieusement interrogé quant à ses effets sur le plan de la maîtrise technologique, de l’innovation et de l’emploi. Il nous parait gravement dommageable vis-à-vis de l’avenir des sciences et de la technologie de poursuivre cette réforme en l’état.

Par contre, d’un point de vue comptable, voilà une réforme qui a entièrement atteint son but : elle a permis de d’amputer les moyens horaires des lycées de 5% ; 128 postes en moins pour 100 élèves de plus.

La rénovation de la voie professionnelle a provoqué une baisse du nombre de classes à l’entrée de la filière, donc des effectifs élèves au bénéfice de l’apprentissage qui en gagne. Sous couvert d’égalité avec les filières technologiques et générales, les jeunes orientés vers la voie professionnelle n’ont maintenant plus que trois ans au lieu de quatre (BEP + Bac 2 ans) pour résoudre des difficultés scolaires souvent anciennes, apprendre un métier, et réussir au BAC. De plus, le nouveau BAC Pro est obtenu à ce jour avec la quasi-totalité des épreuves passées en CCF (et prochainement à 100 %), dans une logique purement comptable : un CCF s’avérant beaucoup plus économique à organiser qu’une épreuve ponctuelle, car reposant sur le travail des équipes pédagogiques en interne : cela remet totalement en question la notion de diplôme national, et questionne sur l’égalité entre les candidats, les territoires ou encore les établissements, ce que la FSU dénonce.
La mise en place par le gouvernement du « service public de l’orientation tout au long de la vie » par la loi se concrétise par la labellisation de certains organismes. La FSU est opposée à ce dispositif qui cache la réelle volonté du gouvernement de détourner les COP de leur travail de base en direction des élèves et étudiants.
Pour tous les personnels, la pression par les heures supplémentaires, la multiplication des services partagés entre plusieurs établissements, la volonté de contourner les statuts, l’augmentation de la charge de travail (réunions, effectifs…), la surcharge d’injonctions couplées à la prétendue autonomie des établissements, la pauvreté de la formation initiale des personnels conduisent à la dénaturation de nos métiers.
Les nouvelles modalités d’évaluation et de changement d’échelon conduiraient à modifier nos métiers, à nous fragiliser et à donner de nouveaux pouvoirs aux chefs d’établissement. La FSU demande le retrait de ces textes, l’avancement de tous au plus fort rythme, le maintien des Inspecteurs avec un rôle d’aide et de conseils des collègues.

Elections professionnelles
Les conditions du scrutin ont été épouvantables du fait du vote électronique, des conditions de vote, de la date retenue. Vous avez même été dans l’incapacité, Monsieur le Recteur, d’accorder le droit de vote à des personnels de votre académie remplissant pourtant toutes les conditions (certains étaient même candidats !).
Alors que dans les autres secteurs de la Fonction Publique, où les conditions de vote n’ont pas été modifiées, la participation a peu évolué, cela n’a pas été le cas dans l’éducation nationale avec une baisse de 20%.
Les conditions de vote ont été dénoncées par la FSU lors des séances de dépouillement, à vrai dire surréalistes …
Malgré ce contexte qui ne doit pas se renouveler, les syndicats de la FSU progressent généralement. Pour l’ensemble des CAP et CCP renouvelées, la FSU progresse de 3% avec 48% des voix exprimées, l’écart se creusant avec les autres organisations syndicales.
Pour le CTA, le nouveau scrutin accorde 5 sièges sur 10 à la FSU.
Monsieur le Recteur, une des conséquences de ce vote est la sous-représentation des personnels de l’éducation dans l’ensemble de la Fonction Publique d’Etat, mélangeant des voix obtenues selon des modalités différentes … Belle victoire pour le ministre qui affaiblit ainsi la représentation des personnels dont il est en charge ! Il vient de porter un nouveau coup au dialogue social qui était déjà à son plus bas niveau.
La FSU demande que les prochaines élections se déroulent dans d’autres conditions, que le vote électronique soit abandonné.
Concernant ce premier CTA, la FSU constate que les documents remis aux membres de ce comité sont incomplets pour leur permettre d’exercer pleinement leur fonction, notamment concernant l’absence de prévisions d’effectifs pour la rentrée 2012, le bilan d’utilisation des moyens alloués, l’assouplissement de la carte scolaire et l’accompagnement éducatif. La FSU demande qu’un envoi complémentaire soit effectué à l’issue de ce CTA.

RSS fr | Contact | Plan du site | Espace privé | Spip + Alternatives