FSU Bourgogne

Les Lycées agricoles publics en danger

3 devraient être fermés à la rentrée prochaine, 2 sont en Bourgogne…

dimanche 1er février 2009 par sylvie debord

Depuis la rentrée scolaire 2008, l’intersyndicale FSU-CGT-SUD a lancé et organisé un mouvement national de rétention administrative des notes. En décembre, plus de la moitié des 219 lycées agricoles publics - dont les lycées de Quétigny, Auxerre, Plombières, Velet, Nevers, Macon, et Semur. - était engagée dans cette action pour tenter d’infléchir la politique du Ministère de l’Agriculture

Pas un hiver qui ne soit revendicatif depuis 5 ans dans l’Enseignement agricole public afin de contrer les décisions iniques des différents ministres de l’agriculture….. !
En complément de l’action de rétention administrative des notes, le 18 décembre dernier, le personnel de l’Enseignement Agricole Public de notre région a manifesté son inquiétude et son mécontentement. Plusieurs rassemblements ont eu lieu dans d’autres régions en PACA, en Bretagne et en Limousin notamment.
Et le 21 janvier – le 22 en Bourgogne – l’ensemble des régions s’est à nouveau mobilisé avec des rassemblements, ainsi que des rendez-vous dans les Directions Régionales de l’Agriculture et de la Forêt, avec les responsables politiques des Conseils Régionaux, et auprès des préfets de région.

Une situation révoltante

En effet, à la date du 18 décembre, aucun agent contractuel d’enseignement nouvellement recruté n’avait été payé, aucun n’avait de contrat ; les anciens recrutés, s’ils avaient changé de quotité de travail étaient toujours payés à l’aune de l’ancienne et n’avaient pas de nouveau contrat. Les derniers agents non payés ne le seront enfin qu’aux derniers jours de ce mois de janvier…
Les moyens humains de l’Enseignement Agricole Public ont baissé, selon la commission du Sénat qui a la charge d’étudier notre budget, de plus de 6% en 2 ans.
L’abondement supplémentaire de 51 millions d’euros des crédits de l’Enseignement Agricole décidé au Sénat (et dont la répartition avait été définie ainsi : 11 millions pour le public qui représente 40 % de l’enseignement agricole et 40 millions pour le privé qui en représente 60%, on voit ici l’injustice de ce partage.) sont devenus seulement 38 millions dont nous ne savons toujours pas officiellement cinq semaines plus tard comment ils vont être répartis. En fait, tout porte à croire que l’Enseignement Agricole Public n’aura, au mieux, que quelques miettes et cela malgré les recommandations de la commission du Sénat.

Une destruction concertée

De plus, la mise en œuvre de la contre-réforme de la voie professionnelle signe la fermeture, à la rentrée 2010, de 14 classes dans l’Enseignement Agricole Public bourguignon sur 16 établissements de formation initiale scolaire actuellement. Ce sera nettement moins pour l’enseignement privé, même si nous devons attendre l’exercice des structures dans un an, afin d’avoir une vue très claire des transformations de son offre de formation.
La mise en œuvre de la mixité des publics : apprentis des CFA publics avec les lycéens, ou avec les adultes des CFPPA, adultes et lycéens,……., se répand peu à peu malgré le non-sens pédagogique qu’elle représente, pour des raisons budgétaires uniquement, même si on nous fait miroiter innovation, inventivité,……Cette mixité semble même servir de chantage, voire de menace non voilée, à des représentants de la Chambre professionnelle qui brandissent le spectre de la fermeture en cas de résistance.
Les fusions d’établissements en Bourgogne, on connaît ! Dans l’Enseignement Agricole Public, la Bourgogne est même une région pilote en la matière depuis plus de 15 ans : cela a été le dada de la plupart des directeurs régionaux ; nous avons connu fiançailles, dé-fiançailles, mariages avec toutes sortes de contrats….. Tout cela n’a pu que déstabiliser les établissements, leur personnel, comme leur entourage social, professionnel, ainsi que les familles.
Et aujourd’hui, on en est à fermer 2 établissements, Champignelles dans l’Yonne et, en particulier, le lycée de Semur-en-Auxois en Côte d’Or.

Une attaque sans scrupules

Contrairement à ce qu’affirme la Direction Générale de l’Enseignement et la Recherche du Ministère, les élèves de Semur vont en très grande partie disparaître pour l’Enseignement Agricole Public. En effet, la DGER fait mine de croire que déplacer les formations dans un autre bassin de recrutement à 60 km de là est neutre pour les familles et que les élèves vont s’y transporter automatiquement… Or, l’analyse des flux de populations pour leurs activités en Haute Côte d’Or prouve que si quelques élèves intéressés par le cheval iront à Châtillon, tous les autres feront un autre choix : certains iront, certes, dans les lycées agricoles de Quétigny et d’ Auxerre, mais les autres iront dans l’enseignement privé.
On ne peut manquer de remarquer à ce sujet que la Maison Familiale Rurale de Semur qui a connu une très mauvaise passe en terme de recrutement il y a quelques années, a pu, grâce à la volonté de sa fédération qui a pensé et mis en oeuvre un projet valorisant, a retrouvé des effectifs florissants aujourd’hui.
Comment croire en l’espèce, les responsables de la DGER et la DRAF lorsqu’ils affirment la main sur le cœur, qu’aucune économie ne sera faite dans cette opération, et qui plus est sur le dos des familles ???
Nos élèves sont, en effet, majoritairement issus de la petite classe moyenne, voire de classes sociales en difficulté. Pour ces familles, le transport a un coût qui peut être difficile à supporter et qui va forcément être plus élevé, la scolarité aura également, pour certaines d’entre elles obligées de se tourner vers l’enseignement privé, un coût plus élevé. Ce choix de la fermeture de cet établissement public pénalise les familles, le pays de l’Auxois, va à l’encontre des cinq missions de l’Enseignement Agricole qui a une responsabilité dans la vitalisation et la revitalisation des tissus locaux et de la ruralité. C’est ce qu’ont bien compris le maire de la ville de Semur, les responsables politiques du Pays de l’Auxois, le Conseil Régional, et le syndicat professionnel régional des Jeunes Agriculteurs, sans oublier les familles qui font confiance à cet établissement.
Enfin l’Etat se désengage lui-même de sa responsabilité de mettre en œuvre la Constitution pour laquelle l’Enseignement Public est le premier de la République. Et, contrairement à ce que tentent de faire croire la DRAF et la DGER, que croient malheureusement un certain nombre de personnalités politiques du Châtillonnais et quelques uns de nos collègues de Châtillon, les lycées agricoles publics, comme l’ensemble de l’Ecole, ne se sauveront pas tous seuls et contre les autres : si un lycée est attaqué, ce sont tous les lycées qui sont en danger.

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