FSU Bourgogne

Lettre ouverte à propos de la « masterisation » des formations des professeurs d’écoles, de collèges et de lycées

mercredi 17 décembre 2008

Ci dessous une lettre ouverte envoyée par le SNESUP Bourgogne à Madame la Présidente de
l’Université de Bourgogne à propos de la « masterisation » des
formations des professeurs d’écoles, de collèges et de lycées.

Madame la Présidente,

Au CEVU comme au CA, Les élus SNESUP ont voté le cadrage horaire que
vous avez proposé comme axe de réflexion pour construire des maquettes
de formation. Ils ont voté ce cadrage d’abord parce qu’ils l’ont cru
l’aboutissement d’une concertation approfondie, ensuite parce qu’ils ont
estimé que, dans la situation d’une réforme qu’ils critiquent, ce
cadrage pouvait permettre, sous condition d’une réflexion soigneuse et
longue, un équilibre entre les formations professionnelles et
disciplinaires.

En même temps que ce vote, les conseils se sont prononcés sur une motion
qui demandait un délai d’un an pour pouvoir construire sérieusement ces
maquettes et critiquant certains points de la réforme. Les deux votes
ont été assurés à l’unanimité.

L’on ne peut, en même temps, expliquer à la Ministre qu’il nous faut un
délai d’un an et en même temps préparer précipitamment des maquettes
pour les rendre dans les délais demandés soit le 15 février 2009. C’est
là une incohérence et une précipitation qui démontreraient à notre
Ministre que nous pouvons faire ce travail et que nous adhérons à la
réforme. Vous savez comme nous que c’est impossible puisque votre
stratégie actuelle, exposée en commission de la pédagogie, consiste à
envoyer des maquettes provisoires que les conseils corrigeraient ensuite.

Nous sommes fondamentalement en désaccord avec cette idée de l’après
coup : elle sous entend que nous accepterions obligatoirement
l’essentiel et corrigerions ensuite, toujours dans l’urgence, des
éléments mineurs ; en effet les élus, sous la pression des maquettes
déjà rendues et donc implicitement acceptées, sous la pression de la
rapidité des demandes de modification, et sous la pression des craintes
exprimées face à la concurrence des autres universités, auront tendance
à se dépêcher et à accepter des dossiers sans bien toujours mesurer
toutes les conséquences de ce qu’ils accepteront.

Nous sommes fondamentalement en désaccord avec le calendrier exposé :

1-

*** Une commission extraordinaire de la pédagogie le 6 fevrier 09, un
après midi ou une journée entière, un marathon donc où élus et
responsables des maquettes exposeraient ( et corrigeraient ? ) les
maquettes.

Une commission de ce genre aboutira tout naturellement à une
désaffection des élus et des responsables de maquette dès que « 
leurs »maquettes auront été examinées , à une lutte entre les porteurs
de maquettes , à des propositions hâtives, et à la fatigue des fins de
séance qui permet à une poignée de personnes de décider. C’est là
naturellement le résultat de la pression invraisemblable que met sur les
universités notre Ministère .Nous pensons que cette pression n’a d’autre
but que d’obliger la communauté universitaire à accepter telle quelle la
réforme .

2-

***L’envoi des maquettes après la commission de la pédagogie et avant de
passer en CEVU et CA.

A l’heure où de nombreuses universités, en cohérence avec les motions
qu’elles ont signées, continuent d’expliquer qu’elles ne peuvent
accepter cette précipitation l’université de Bourgogne se signale à
nouveau comme le bon élève de la classe ! Nous ne pouvons être en accord
avec une manœuvre qui met en question le système démocratique des conseils.

3-

***L’examen des maquettes par les CEVU et CA postérieurement à l’envoi
au Ministère !!c’est à peu près comme demander au parlement de voter des
lois qui seraient déjà en application.

Nous avons tous , comme vous, Madame la Présidente- ce qui vous met en
porte à faux avec votre attitude actuelle- voté une motion critique de
cette réforme, signalant entre autres les difficultés que va entraîner,
pour les étudiants, la suppression de l’année de stage rémunéré. Nous
espérons que la mobilisation de la grande majorité des universités
amènera la Ministre à modifier un texte jugé très sévèrement par nous
tous, vous y compris.

Nous sommes inquiets bien sûr, comme tous, de la situation à la rentrée
prochaine. Cette inquiétude est créée par les dispositions et manques de
clarté du ministère à qui nous demandons de prendre ses responsabilités
par un cadrage national au lieu de faire jouer dans un esprit de
concurrence et division les diverses universités. Est- on si certain que
la formation des enseignants, problème national s’il en est, doive être
réglé à la manière concurrentielle libérale, comme si nous fabriquions
des automobiles et non des êtres humains responsables de l’éducation des
jeunes. A chaque université sa formation ?

Nous sommes par ailleurs étonnés que ressorte régulièrement dans les
discussions le fait que l’Université de Besançon a déjà prévu ses
maquettes…Et que donc « elle » va nous prendre nos étudiants. Nous
supposons naturellement que des discussions communes ont lieu au sujet
de la masterisation entre 2 universités membres d’un même PRES et que la
solidarité est de rigueur au moins là, si elle ne l’est pas
obligatoirement encore entre toutes les universités.

Nous souhaitons , Madame la Présidente, qu’une discussion de fond
s’engage dans l’Université autour de cette réforme. Poussé par notre
ministère dans le piège des discussions hâtives , nous discutons en
termes pratiques, dans la crainte des uns et des autres de disparaître,
sans ( sauf exception chez quelques enseignants mieux préparés que
d’autres) poser les problèmes en terme de besoins et d’objectifs de
formation, sans discuter du sens même de cette réforme.

En conséquence, Madame la Présidente, nous vous demandons de mettre en
œuvre les moyens d’une discussion prolongée , et vous adjurons de ne pas
envoyer des brouillons des maquettes non validées par les conseils de
l’Université . Nous vous demandons, à l’instar d’autres universités, de
réclamer la suspension des projets de réforme et la refonte des concours
de recrutement des enseignants.

Veuillez agréer, Madame la Présidente, nos meilleures salutations.

SNESUP Université de Bourgogne.

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