FSU Bourgogne

stage « Travail, métier et santé, comment repenser le syndicalisme ? » 12 et 13 mai 2011

lundi 28 mars 2011 par webmestre

La FSU Bourgogne organise un stage les 12 et 13 mai 2011 autour de 2 problématiques :
- la réalité du travail : dégradations, difficultés, résistances
- l’urgence syndicale d’agir sur le travai

Les situations de travail se dégradent, les collectifs sont mis à mal, compromettant la santé, pourrissant la vie et les rapports sociaux.

En même temps, les femmes et les hommes construisent au travail, malgré tout, des espaces de liberté, de créativité, redéfinissent l’activité prescrite, pour se développer, (re)construire du collectif, des organisations informelles…

Face aux formes de dégradation à l’œuvre dans les organisations du travail, des résistances actives s’organisent et se développent, individuellement et collectivement, dans tous les secteurs d’activité.

Pour les organisations syndicales qui se positionnent comme vecteurs de la transformation des situations de travail à l’initiative des salariés, c’est un point d’appui incontournable et prometteur.

A chacun de s’emparer du débat, à chacun d’apporter sa réflexion, la FSU a besoin de toute la richesse de sa diversité.

Renseignements pratiques

Lieu : Domaine de Velotte, La Montée, 58140 Brassy
(avec pension complète financée par la FSU Bourgogne)

Inscription obligatoire à :FSU Bourgogne 
(52 personnes possibles, inscrivez-vous sans tarder !)

Une demande de congé formation syndicale est à adresser à votre responsable hiérarchique plus d’un mois avant le début du stage, soit avant le 12 avril 2011 (voir modèle de demande ci-contre).

Qui peut y participer ?

Tous les adhérents, les militants et les responsables syndicaux de la FSU et de ses syndicats peuvent participer au stage, avec leurs spécificités.

La présence de chacun et chacune, avec son vécu de métier, ses rêves, son utopie et son désir de transformer le travail, sera nécessaire pour (re)donner à son syndicat, dans la FSU, les couleurs d’un syndicalisme de lutte et de transformation sociale.
Objectifs du stage :
-  renouer les liens entre les conditions de travail (les moyens mis à disposition pour faire ce que l’on a à faire), le contenu du travail (le compromis toujours renouvelé entre ce que l’on nous demande de faire et ce que l’on veut faire) et les ressources du métier dont dispose le salarié pour faire un travail de qualité (formation, prescriptions…)

- développer et inscrire les débats de métier dans des pratiques d’actions syndicales individuelles et collectives (échanges entre professionnels, actions revendicatives, instances internes de décision syndicale, instances institutionnelles comme les CAP, CT, CHSCT, …)

- (ré-)organiser les ressources et les outils du syndicat pour construire avec les salariés le pouvoir d’agir dans et sur leur travail (discussion sur la réalisation ordinaire du travail, construction des revendications, rôles des délégués des personnels, rôle du CHS-CT, utilisation du document unique et du registre de sécurité, aide aux salariés en danger, conception et exercice de l’activité militante…)

Pourquoi ce stage ?

Le syndicat ne peut pas se contenter de regarder les travailleurs, répondre à des demandes individuelles de services et porter des revendications collectives. A tous les niveaux, pour que le syndicat soit efficace, il semble nécessaire et urgent de repenser la centralité du travail dans toutes ces dimensions :

- Sur les conditions du travail, de la santé au travail, le constat est alarmant. CHS, médecins du travail, psychologues du travail ont à traiter une inflation de situations d’urgence qui sont autant de symptômes individuels de dysfonctionnements du travail. Les réformes successives poussent les travailleurs à de plus en plus de concessions à des prescriptions paradoxales et à des injonctions qui les empêchent de faire vivre leur savoir-faire. On est dans le « Je fais avec », « Je me débrouille », avec une qualité du travail remise en cause.

- Comment analyser ce qui se passe alors dans ces gestes de travail contrarié et comment établir entre nous des repères communs, les limites de l’acceptable comme les points d’appui pour d’autres possibles ? Comment regagner des espaces de liberté et élaborer collectivement les transgressions-inventions qui nous permettront de déterminer les valeurs de métier, de ce qui est possible et ce qui restera impossible ?

- La question posée du rapport au travail est devenue un enjeu syndical important et elle a traversé tout le mouvement social sur les retraites : la question des 60 ans et son corollaire sur ce que le travail fait à la vie, l’empêchement au bien-travailler, la fin réclamée du travail déshumanisant, la lutte entre le travail vivant et le travail mort (actionnariat, capitalisme…). Les questions du travail syndical sur le travail interrogent nos pratiques : qu’est-ce que l’on traite dans les CHS ? quels sont les outils syndicaux pertinents pour notre santé au travail et pour la santé du travail ? qui d’autre qu’un syndicat de salariés peut prendre en charge la richesse du métier pour réaliser un travail de qualité dans la conflictualité sociale actuelle ?

Des témoignages et des expériences menées localement serviront de base à nos débats pour nous permettre d’aller plus loin dans la réflexion et de tracer des pistes d’actions pour l’ensemble de la FSU. On regardera comment des salariés agissent, face à des consignes contestées individuellement et par des syndicats (suivi mensuel à Pôle-emploi, évaluations en CM2, …), où tout à la fois ils acceptent et transforment ce qu’on leur demande de faire, pour reprendre la main sur leur travail et reconstruire malgré tout une certaine dignité à pouvoir se reconnaître dans ce qu’ils font.

Citation d’Yves Clot lors d’une conférence à l’INRP à Lyon, le 7 décembre 2005.

Quand le « collectif de travail » n’existe plus ?
Lorsque cet espace-temps n’existe plus, que le « sentiment de vivre la même histoire » (une histoire qui continue) disparaît, il n’existe plus cet intercalaire entre ce qui est prescrit et ce que chacun vit. Il n’y a plus de « débats d’école » sur les manières de faire, sur les règles, les sous-entendus. Prolifèrent alors les « querelles de personnes », qui s’y substituent.
Lorsqu’il y a « déflation du métier », il y a « inflation de la querelle ».
La perte de l’histoire commune provoque un face-à-face entre une prescription tournant au script comportemental, et donc une transgression exponentielle, individuelle, masquée, laissant les individus face à eux-mêmes, démunis pour affronter le réel. Cette « pseudo-émancipation » à l’égard de la règle met chacun en situation d’errance face à l’étendue des possibles, renforce la prescription contre la faute, engendre la souffrance au travail et la perte de santé, là où le collectif était au contraire un opérateur de santé, permettant de savoir où on peut aller, sans pour autant être un moule puisqu’il autorise la « controverse », le « débat d’école ».


AFFICHE STAGE TRAVAIL
modèle demande congé formation syndicale
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